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NOTRE PROJET

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ECRIRE. 
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Juxtaposer nos textes. Mêler nos voix, nos regards, pour que se révèle peu à peu le territoire qui est le nôtre. 
Un territoire géographique et affectif.




NOTRE (NOUVEAU) PROJET :

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ECRIRE.

Ecrire mieux, écrire plus, écrire autement
!

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Les thèmes du mois

 

 

Janvier: 

 

 

 

 

« La porte était entrouverte. Sans une seconde d'hésitation, je l'ai poussée pour entrer. J'ai aussitôt déploré ce geste, cette petite extravagance qui allait à l'encontre d'une retenue si bien acquise que je la croyais devenue naturelle. Pour passagère qu'elle fût, la folie était pourtant commise : je me suis engouffré dans la brèche qu'elle avait ouverte, et je ne pense pas en être sorti depuis. »  

Emmanuelle Urien

 

Des moments d'égarement, nous en avons tous vécus. Nous en avons tous entendu parler. Dans les journaux, la rubrique des faits divers en sont pleins. A nous, ce mois-ci, de faire partager aux autres un de ces moments où nous nous sommes avancés sur la corde raide avant que le gouffre ne nous aspire...

 

 

 

 

 

 

 

 

Edito

    

 

Au gui, l'an neuf ! 

 

 

  Fete

 

 

 

" Je ne prendrai pas de calendrier cette année, car j'ai été très mécontent de celui de l'an passé." Alphonse Allais

 

Bonne année à tous et à toutes,... Bonne année à ce blog en espérant pour lui (et pour nous tous et pour nous toutes), des propositions d'écriture qui stimulent  notre envie d'écrire, et, en réponse, des textes nombreux, originaux, variés, profonds ou légers, drôles ou graves...

A vos plumes ! Les illustrations sont toujours appréciées. Merci de les choisir parmi celles qui sont libres de droit ou mieux encore, parmi vos propres productions.

 

Et vive le blog de Terre de lecteurs ! 

 

 

 

Aline

  

Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 22:19

 

 

Il n’a pas voulu. Pas voulu justifier, mettre sur trois colonnes, insérer une image, calculer la moyenne, prendre la valeur absolue, figer le volet, ajouter un lien, rendre une zone active, afficher la règle, modifier un tableau, placer une balise, afficher le code, supprimer un hypertexte, fusionner les cellules, tracer les bordures, créer un graphique, changer la police, fractionner une fenêtre, masquer un texte, passer en plein écran, réorganiser tout, trier les données, importer un fichier, coller dans le presse-papier, régler la transparence, augmenter la taille du support, réduire le bruit, équilibrer les couleurs, lisser la courbe, visualiser un effet 3D, dupliquer un calque, masquer les pointillés, corriger une macro ou lancer un diaporama… Pas voulu obéir. Pas voulu m’obéir.

 

Il n’a pas voulu. Je me suis vengée.

- Voulez-vous vraiment envoyer Btpmwx164.sys à la poubelle ?

- Oui, je le veux.

- La suppression de ce fichier risque de nuire au bon fonctionnement de votre ordinateur. Voulez-vous vraiment envoyer Btpmwx164.sys à la poubelle ?

- Oui, je le veux.

- Voulez-vous vraiment envoyer usbccd.PNF à la poubelle ?

- Oui, je le veux.

- La suppression de ce fichier risque de nuire au bon fonctionnement de votre ordinateur. Voulez-vous vraiment envoyer usbccd.PNF à la poubelle ?

- Oui, je le veux.

- Voulez-vous vraiment envoyer DRemover97_2K.exe à la poubelle ?

- Oui, je le veux.

- La suppression de ce fichier risque de nuire au bon fonctionnement de votre ordinateur. Voulez-vous vraiment envoyer DRemover97_2K.exe à la poubelle ?

- Oui, je le veux.

Une heure plus tard :

- Voulez-vous vraiment envoyer {AF7E4468-E364-4991-BC2A-6E8293E10B} à la poubelle ?

- Oui, je le veux.

- La suppression de ce dossier risque de nuire au bon fonctionnement de votre ordinateur. Voulez-vous vraiment envoyer {AF7E4468-E364-4991-BC2A-6E8293E10B} à la poubelle ?

- Oui, je le veux.

 

Il n’a pas voulu. Je me suis vengée. Depuis il fait la gueule et ce matin, son écran est tout noir. Soyons plus précise : à peine allumé, son écran m’affiche un long message en américain, un long message plein de chiffres.  Je n’ai pas le temps de le lire – a fortiori de comprendre ce qu’il raconte - que tout s’efface.  J’éteins tout. Je rallume. Il fait toujours la gueule, après un message sibyllin, son écran reste noir. J’éteins tout. Je débranche tout. Je rebranche tout. Je rallume. Il est vraiment fâché…

Je le soigne par le mépris : pendant deux jours, je l’abandonne, je le laisse hors tension, je ne lui accorde pas même une pensée. Le troisième jour, je l’allume, je veux croire à une résurrection.

Je lui fais des excuses. Je plaide les circonstances atténuantes :

- J’étais si pressée, si fatiguée…

Je lui adresse même une petite prière :

- S’il te plaît, fais-moi un signe !

Je mens un petit peu :

- J’ai pas fait exprès…

Je prends de bonnes résolutions :

- Promis, plus jamais je détruirai tes fichiers systèmes, plus jamais je n’enverrai tes drivers à la poubelle…

J’exagère à peine :

- Sans toi, je ne suis rien!

Il ne veut rien entendre, il ne veut pas m’entendre.

 

Il n’a pas voulu. Je me suis vengée. Il fait la gueule… à moins qu’il soit vraiment mal en point. Il y a des cas où il faut aller voir un spécialiste.  Nous y allons de conserve.

L’homme nous reçoit. Il nous regarde attentivement, il l’ausculte à peine mais il m’interroge. Il veut savoir précisément ce que j’ai fait, il veut que je lui dise tout, que je n’omette aucun détail… Je me retranche hypocritement derrière une amnésie partielle. Il n’est pas dupe, il me fixe d’un regard moqueur et condescendant. Je connais les hommes, tout particulièrement les hommes jeunes qui croient tout savoir. J’adopte le comportement qu’il attend de moi, le jeu en vaut la chandelle ! Profil bas… Rassuré sur sa supériorité, le spécialiste dit enfin : je vais voir ce que je peux faire. C’est tout ce qu’on lui demande.

Un mois plus tard, un coup de fil de sa secrétaire m’informe que je peux passer. Je ne saurai jamais ce qu’il lui a fait mais vu la douloureuse, l’intervention a du être longue et délicate.

 

Aujourd’hui, nous avons repris une vie commune apaisée et nous n’évoquons jamais ces moments d’égarement.

 

 

Aline

Par terre-de-lecteurs
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 20:00

 

 

Un grand garçon tout plein de charme et de douceur et qui dit-on venait de loin, de très loin, d’au-delà des mers….. Chanson

 

 

Premier couplet

 

Comment était-il ?  Je ne m’en souviens plus, c’est loin, si loin, très loin. Tu l’aimais ? Oui je l’aimais. Il était très foncé de peau n’est-ce pas ? Jeune, si jeune, si désinvolte et moi si petite, si amoureuse. Unique. Un monde à lui seul, un ailleurs parfumé, inconnu, si proche, la même odeur,  le merveilleux des contes de l’enfance, le prince charmant, charmeur, trop charmeur. Qu’est-il arrivé ? Cela a mal fini n’est-ce pas ? Dis-moi, je n’ai pas compris qu’est-ce que c’est un étranger ? Suis-je moi aussi une étrangère ?

 

 

Deuxième couplet

 

AA – double A. Je l’aimais, enfin je crois que je l’aimais.  Elle était petite et ronde et portait des turbans et des blouses à carreaux, on eût dit une Martiniquaise. D’où venait-elle ? La Ferté quelque chose dans l’Yonne je crois. Elle chantait des chansons, des comptines qui me faisait rire  mais la plupart du temps elle pleurait. Qui était-elle ? On ne l’a jamais su vraiment. Elle n’avait rien d’extraordinaire. Alors pourquoi s’être acharnée sur elle ? Une étrangère. Etrangère ? mais à quoi ? A la famille. Etait-ce grave ? Qu’avait-elle que vous n’aviez pas ? Elle vous aimait ? Elle aimait tout le monde.

 

 

Troisième couplet

 

Il est à l’heure pile, impeccable, droit dans ses bottes. Façon de parler, il ne porte pas de bottes. Il n’en portera jamais. Il est très élégant, juste un peu raide, mais la voix, ah la voix ! Quelque chose d’étrange, d’inhabituel, un français trop parfait, des inflexions douces pour faire oublier la scansion gutturale de la langue originelle. Les voix me font chavirer.  L’ai-je aimé ? Je l’ai aimé. Dis moi et l’horreur,  de quel poids a-t-elle pesée l’horreur ? Rédemption, je le sais aujourd’hui.

 

 

Quatrième couplet

 

Et l’autre, l’autre pourquoi l’as-tu aimé ? Je ne sais pas, pour le plaisir  tout simplement. Ah bon, seulement ? Est-ce encore la voix ? Non, là vraiment non, même si….  Alors quoi ? L’inconnu ? L’incompréhensible ? C’est le séducteur qu’il n’était pas qui me séduisait. Tu ne l’aurais pas remarqué. Une force tranquille… Ah si ! Je sais,  la santé ! Je l’ai aimé pour la santé. Une mer calme, rassurante, tendue à l’infini vers les horizons lointains. Tu sais combien j’aime la mer. Alors c’est toujours l’ailleurs que tu aimes…. ? Sans doute.

 

Cinquième couplet

 

Et Lui ? Lui, c’était déjà tard.  Oui c’est vrai, il était brusque et  trop sûr de lui mais si généreux de lui-même.  Et puis jeune, si jeune n’est-ce pas ? C’est vrai tu as raison si jeune. Il avait les cheveux très noirs et la peau très blanche, pas beau non, mieux que ça. Pourquoi l’as-tu aimé ? Lui ? Pourquoi ? Pour la poésie. La poésie ?  Oui tu as bien entendu la poésie, celle qui console, qui emporte au-delà des rêves. Il  me la disait d’une voix sensuelle, profonde et chaude. Alors, encore la voix ? Oui sa voix, elle me faisait vibrer. Enfin veux-tu que je te dise ? Lui, je l’ai aimé pour le souvenir…

 

Rachel

 

 

 

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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 18:04

 

                                              « La pitié du bourreau consiste à frapper d'un coup sûr »

 

                                                                                                     Ernst Jünger

 

 

 

 

A l'origine de cette histoire, il y a une basse-cour.

Dans cette basse-cour, il y a un œuf. Un œuf de poule très ordinaire.

A ce détail près que cet œuf est fêlé. Qu'un bec, qu'un petit crâne humide se devinent déjà dans l'échancrure de la coquille.

 

Mère-Poule a quitté son nid, abandonnant son rejeton trop lent à naître. Elle promène ailleurs sa marmaille.

 

Vous qui me lisez, qu'allez-vous faire ? Sans doute ce que j'ai fait moi-même.  

 

Nous sommes en été. Vous emportez l'œuf au soleil pour que ses ardeurs parachèvent le travail dédaigné par la parturiente.

 

Malheureuse ! Prenez garde à ce que vous faites !

 

Lorsque l'enfant paraît, lorsque vous voulez le rendre à sa mère, celle-ci vous fait savoir que si vous ne retirez pas illico de son sein ce vilain avorton, elle vous le becquettera jusqu'à ce que mort s'en suive.

Vous l'ôtez donc sans plus attendre.

 

 

Sans doute pensez-vous alors, comme je l'ai fait moi-même, que les poussins ne s'élèvent pas toujours dans les jupes de leur mère. - Diable ! Nous vivons bien à l'ère atomique !

Et qu'une graineterie vous procurera bientôt l'aliment nécessaire à la croissance du nourrisson.

En toute sérénité, vous adoptez donc le marmot.

En guise de couveuse, vous lui offrez une petite laine dans un joli carton. C'est là que l'enfançon ira passer ses nuits tandis qu'il grandira le reste de son temps à l'abri d'une cage.

Vous voici satisfaite. Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Cours-y vite. Le bonheur est dans le pré...»

 

Malheureuse ! Prenez garde à ce que vous faites !

 

Voici que dans sa cage Kaliméro s'étiole.

C'est sûr, il va crever.

Alors, vous faites ce que j'ai fait moi-même.

Vous observez attentivement Mère-Poule dont les propres poussins se portent à merveille. Et puis, vous l'imitez.

Lors, avec l'avorton, trois ou quatre fois par jour, vous partez au fumier avec une binette. Et là, à genoux, vous grattouillez, vous grattouillez, vous grattouillez...

 

A force de gober vermine et vermisseaux, votre petit s'est mis à croître, à briller de la plume, à s'arrondir du croupion autant que du jabot. Je vous jure même qu'il chante !

Vous voici donc heureux tous les deux.

D'autant plus que - vous en êtes certaine à présent - l'enfant est un garçon.

Qui se plait à s'accroupir sur votre épaule. A vous embrasser sur les dents. A vous suivre partout...

A ce jeu, vous épatez le voisinage.

Vous apprenez aussi qu'un fil invisible vous relie désormais à votre protégé. Qu'il émet toutes les dix secondes un signal qui vous permet de connaître sa position exacte de par le vaste monde... La nature est tellement bien faite !

 

Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Cours-y vite. Le bonheur est dans le pré...

 

Et le temps passe.

Le froid annonce la puberté du coquelet.

 

Malheureuse ! Prenez garde à ce que vous faites !

A force de vivre loin des siens, voici que l'animal est tombé amoureux de vous !

L'aile en éventail sur la jambe, il vous cerne.

Il se rengorge.

Trifouille sous ses pieds à la recherche d'une rareté qu'il vous offrira en gloussant : «Acceptez, ma Poulette, la pierre précieuse que voici ! ».

Ma foi, je rêve ! Vous êtes en train de rejouer Phèdre ! L'animal aurait-il l'intention de vous cocher-là ?

 

Comme vous êtes de la vieille école, votre morale s'insurge : « Pas d'inceste chez moi ! »

Mais vous êtes attachée au gamin.

Par un trait de génie, vous décidez de mettre vos pondeuses à la disposition de l'obsédé.

Pour cela, il vous faut sacrifier Maître-Coq qui passe à la casserole.

De son côté, le freluquet a vite fait de retourner sa veste.

Et que je te coche une poule par-ci...

Et que je te coche une poule par-là...

A bec que veux-tu...

En veux-tu ? En voilà !

 

Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours y vite. Le bonheur est dans le pré...

 

Et passent les mois, et passent les années...

Depuis longtemps déjà votre fils se pavane en maître au beau milieu de sa basse-cour.

Sa crête sur son bec se dresse aussi rouge qu'un coquelicot.

Son vaniteux panache explose sur son dos. Votre fierté est légitime.

De temps en temps, l'animal rêve encore d'une sieste sur votre épaule. Mais comme la bête fait à présent quatre kilos, bon poids, vous hésitez parfois.

Comme il insiste, vous chaussez des lunettes de crainte qu'il ne vous crève un œil.

Un jour il avait manqué de le faire.

Confondait-il alors le blanc de votre orbite avec la larve du hanneton ?

 

Mais voilà que vous vous interroger maintenant sur l'espérance de vie du volatile. Combien de temps un coq peut-il vivre avant de trépasser de sa plus belle mort ?

Trois ans ? Cinq ans ? Dix ans ?

Le temps repousse chaque jour un peu plus l'improbable échéance.

Malheureuse ! Prenez garde à ce que vous faites !

Avez-vous mesuré les ergots du bonhomme ? Ils sont devenus deux épées, capables de perforer la coriace des viandes.

Vos poules sont aux abois. Se rebiffent. S'en sauvent. Leur amant les tenaillent. C'est l'hallali !

 

Allez-vous, comme je l'ai fait moi-même, essayer de limer les ergots de votre d'Artagnan ? Le tenant ferme sur vos genoux, vous vous échinez à le faire.

Lui, ahuri, observe le manège !

Mais c'est peine perdue. Des ergots atrophiés ne font pas moins de mal que des ergots pointus.

Il va falloir vous résigner à mener le bourreau jusque sur le billot.

Malheureuse ! Prenez garde à ce que vous faites !

Lui, dans vos bras, adore le voyage.

Quand, in-extrémis, il comprend, pour lui, il est déjà trop tard. La hache s'abat, séparant à jamais sa belle tête du reste de son corps.

Et vous, vous n'avez pas assez de toutes vos larmes pour pleurer...

 

Le bonheur ? Il a filé !

 

Maintenant, qu'allez-vous faire de la pauvre dépouille ?

Allez-vous l'ensevelir, l'abandonner à sa putréfaction ? Ce serait déchéance.

Ne vaudrait-il pas mieux, comme je l'ai fait moi-même, choisir que vive en vous votre fils, comme demeure en l'âme du Chrétien, le Christ en son eucharistie ?

Vous n 'hésiterez pas une seconde.

Par amour pour l'enfant chéri, vous deviendrez demain l'ogresse en pleurs qui mangera son Coq au vin !

En attendant le grand festin, vous tachez d'oublier votre horrible forfait parfaitement empaqueté dans le gouffre glacé du congélateur...

 

 

 

                                                                                                               Annette

 

 

 

*Titre emprunté à l'album de Valérie Dayre illustré par Wolf Erlbruch dont je vous recommande la lecture, si ce n'est encore fait.

 

 

 

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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 01:40

 

 pour la "reine Yasmeen”, citoyenne du monde 

 

 

Les limites, les barrières

Fossilisent même

L’eau vive des torrents

Enferment l’autre

En un objet imaginaire

l'étrange étranger

 

Mis-à-l’écart, un peu  de côté

 Et la conscience :

Ma  différence

Est un danger 

                                                          

un peu de côté un pas de côté

étrange étranger

 

----------

 

Etranger ici, étranger ailleurs

Etranger sur ma terre

Etranger au bonheur

A force de me taire

Je ne sais plus parler.

Mes mots me sont enlevés

Etranger d’ici,

                                   ... étranger, d’ailleurs !

Etranger sur la terre

Etranger au bonheur

A force de crier

La tour va  s’écrouler

 Babylone est en guerre

Babylone va tomber.

 

Chris - extrait de 'Nazareth, ou l'opacité du réel', 1998

 



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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 00:57

« Frères humains qui après nous vivrez n’ayez les cœurs contre nous endurcis…. »  François Villon

 

Aurores reflets miroirs

L’ esprit comme embué par les échos des guerres

TV – PV / FMI - IDH - PVD - OMC -  

--- jargons immondes !

Dresser le constat

Hisser bien haut les voiles et les bras 

Mesurer en arpents les tonnes d’impuissances

Avoir l’air … en colère

 

Comme vous …

Cantonnés dans quelque jungle urbaine

En groupes autochtones

Sans autre passion que l’ dégoût et la haine

Sans autre combat que celui d’un néant infini matériel

 

Comme vous…

Évidés évincés exilés –

Avides d’extirper expliquer exiger

Avilis des orgueils des civils états

Sans nom véritable - sans voix

 

Comme vous …

Dans quelque recoin d’ombre

   En suspens en sursis en jachère

En vie de double peine

 

Comme vous …

A la fois  fleuve et caniveau

Des couloirs à malice où chavirent vos rêves

D’abandons en promesses – joutes rixes et frissons

Envie d’y voir plus clair sur le brouillon du monde.

 

Comme vous …

Je viens  d’une vague innocence

Je viens d’une arête vive enfoncée dans l’enfance

Et d’un mirage situé là-bas …là-haut … en France

 

Comme vous --

Je viens  d’un bateau de misère

Je viens d’une cage de verre

Je viens d’un camp de pierre

Je viens d’un trou de violence et d’un nid d’ignorance

Je viens d’espoirs et d’illusions

Je viens pour nourrir mes p’tits frères

Je viens pour changer d’air

Je viens de cieux moins clairs

Je viens de l’enfer sur terre

Je viens d’une ancienne colère

Je viens du sanglot des fers

Je viens des traites négrières

Je viens de la Dette meurtrière

 

Je viens des champs de coton

Je viens de toutes les passions

Je viens de toutes les nations

Je viens d’ la confusion, d’la corruption, d’la trahison

Je viens d’une ligne de démarcation

Entre les seigneurs et des serfs

Je viens des chasses aux sorcières

Et des bûchers de l’inquisition

Je viens de l’histoire des guerres

 

Et tout comme vous… je vais …

Je vais vers la Vie dans la vie

Je vais vers un Viens ! vers un Tiens ! vers un Demain !

Je vais vers un jour qui s’éveille

Je vais vers des sourires et  des regards sincères,

Je vais vers des rêves de mai

Je vais vers un Sud … vers le sud vers le sud

 

Oui avec vous, je vais je viens …

D’un noyau d’un grain d’une poussière

La Terre !

oui tout comme vous... je vais je viens….

Je viens …d’aimer la Vie qui s’ensoleille

Je viens …  du ventre de ma mère

 

 

                      Chris, pour tous ceux que l'on dit "sans papier" - et un, en particulier

 

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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 12:07

 

 

 

Une très vieille histoire raconte à peu près ceci :

 

Lorsque Dieu voulut créer les êtres à son image, il prit un bloc d'argile et façonna des hommes et des femmes, têtes, corps, bras, jambes, tous pareils et tous différents. Une fois son travail achevé il décida de cuire ces sculptures de terre encore fragiles. Il creusa un large trou dans le sol, tapissa le fond d'une épaisse couche de feuilles et de branches sèches puis il déposa délicatement quelques unes de ses créatures, les recouvrit de feuilles et de branches et renouvela l'opération deux fois. Il embrasa le tas de bois et attendit patiemment à l'ombre d'un parasol. Comme Dieu n'avait pas encore inventé le thermostat et comme il n'était pas expert en cuisine, il ne savait pas quand retirer bonhommes et bonne-femmes du grand feu. Poussé par la curiosité il dégagea cependant les premiers, ceux-ci étaient à peine cuits, ils donnèrent le peuple blanc. Fouillant de ses doigts pressés dans les braises encore brûlantes Dieu sortit les créatures du milieu, elles étaient cuites à point, et donnèrent le peuple rouge. Il ignorait que sous la cendre le feu couvait encore et lorsqu'il mit à jour les derniers hommes, ils étaient trop cuits et donnèrent le peuple noir.

Dieu dit : inutile de recommencer je n'en ai ni le temps ni le courage.

Alors, un à un, il prit les hommes et les femmes, souffla sur leur visage et leur insuffla la vie.

Ainsi ils se dispersèrent et peuplèrent la Terre.

 

 

La main de Fatima, la fille préférée de Mahomet était-elle noire, était-elle blanche ?

Et le talon d'Achille était-il blanc ou noir ?

Le visage de Job sur son tas d'immondices ?

Les seins de Julie avaient-ils la blancheur du lait caillé avant d'être coupés et jetés au pied des remparts ?

Les cuisses des filles de Jérusalem étaient-elles dorées comme des petits pains juste sortis du four ?

La peau du nouveau-né a t-elle la couleur rosée du porcelet ?

La peau du ramoneur, du charbonnier et du mineur est-elle noire ?

Les cheveux de Samson avant qu'il ne détruise le palais et tue des milliers de Philistins étaient-ils bruns et crépus, noueux comme un nid de serpents ?

Et la barbe du Père Noël avant de devenir blanche, était-elle rousse comme celle d'un marin irlandais ?

Les yeux de Jésus et de Mahomet, bleus, marron, peut-être verts ?

Yeux de vipère.

Et ceux de Marine ? Bleus comme la mer dans la baie d'Ajaccio ou tantôt noirs de haine et rouges de colère ?

Quelle était la couleur de la peau de Mao ?

Celle de Pinochet, de Bokassa, d'Idi Amin Dada ?

Quelle est la couleur de la peur, du désespoir, de la misère ?

Comment était le ventre de la Reine de Saba, était-il d'ambre ou d'ébène ?

Et la peau du Roi Salomon qui eut 700 épouses et 300 concubines, était-elle grise, usée à force de caresses et d'étreintes ?

De quelle couleur est la peau du poète ?

Blanche me dis-tu ?

Mais alors Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Toussaint Louverture ?

Comment est le dos de l'esclave ?

Est-il toujours noir ?

Et le cou de celui qui monte à l'échafaud ?

Le sang qui coule dans nos veines, de quelle couleur est-il ?

Rouge ?

Tu m'as dit pourtant que le sang de nos rois était bleu.

J'ai un peu de mal à te croire.

Et le sang qui coule en Syrie a t-il la couleur du drapeau du pays ?

 

A quoi ressemblera le jour nouveau qui est sur le point de se lever ?

Aura t-il la couleur de l'encre qui remplit nos cahiers ou la blancheur de la lune en décembre ?

 


 

                                                   Babeth

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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 13:04

 

 

                                                                                                           

Dans ce grave métier de vivre

Plus douce que l'empreinte de l'ange

La marque de nos liens de sang

Ces brefs passages sur nos fronts

Aussi imprévisibles que bourrasque de vent

Aussi purs que consentement

Atteste d'un même berceau

Et poignarde nos dissonances.

 

 


 

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Dans l'ambigüité de nos traits, dans celle de nos gestes

La nef enchevêtrée des couleurs de nos peaux

Et de nos jugements

Par ces silencieux messages

Cette humilité inconsciente

Nous nous rattachons l'un à l'autre

Comme se brûle à l'estuaire

L'eau du fleuve à l'eau salée de l'océan.

 

 

 

                                                                                      Annette

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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 17:04

 

 

 

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Aline

Par terre-de-lecteurs
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 12:23

 

 

Cher vous

Pour qui me prenez-vous ?

Vous me croyez donc à ce point naïve ?

Vous imaginiez que je ne devinerais pas ?

Et vous pensiez que j’écouterais les sirènes rationnelles

Anti «  ré »… en tous genres

…Incarnation

…surrection n’en parlons même pas !!!

…miniscence

…volte

…mi, fa, sol ?

 

Pensiez-vous que, lasse de chercher

je la jetterais cette enveloppe orpheline,

cette missive anonyme ?
Vouliez-vous me berner, m’inquiéter,

me faire douter…

Raté !

Et surtout, surtout Merci !

Oui, merci !

J’ai bien reçu  votre carte.
Et, raté, je n’ai pas pleuré.

Quel beau pied de nez à la camarde camarades !


J’ai ri, oui ri à gorge déployée  de ce message plus que muet

Mais qui m’a tant et tant parlé.

Merci pour l’invitation à prendre plume

Merci de  ce clin d’œil céleste.

Et je la prends, oui,

Plume d’ange bien sûr !

Je m’en empare

de l’ invitation à noircir

avec prudence

la carte blanche de nos avenirs

nouveaux

étranges

différents

merci de me permettre d’apprivoiser la grande absence.

Message reçu, vieux frères …

Comme une comète !

J’apprendrai donc la langue des anges…

Je parlerai plume.

Bon baiser pour votre ailleurs

où vont les chevaux quand ils dorment

Où vous êtes devenu du jazz dans le sax du bon dieu

Laissez-moi donc un blanc sur l’répondeur

Je saurai.

Ça m’aidera à supporter

Quand c’est un peu trop Dehors Novembre

 

Votre Kat blanche…

 

PS :J’ai arrosé les fleurs

Par terre-de-lecteurs
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 10:08

 

Confortablement installés dans leurs fauteuils, Kat et Daniel boivent paisiblement leur café.

 

- Ian, Pierrette, Christine, Marie-Laure, Muriel, Claudine, Bernard, André, Martine, Dominique, Frank, François, Christophe, Roger, Tony, Brigitte, Elisabeth, Pierre…

- Tu joues à quoi ?

- Je fais la liste…

- La liste de quoi, de qui ?

- La liste de ceux qui sont susceptibles de nous avoir envoyé cette lettre.

- Tu parles de la lettre qu’on a reçue ce matin, avec un carton blanc à l’intérieur ?

- Oui.

- Fais voir l’enveloppe.

- Tiens.

 

- Le cachet de la poste est totalement illisible, on ne peut pas savoir d’où elle est partie.

- Enfin si, elle a été postée en France : regarde le timbre !

- D’accord mais ça ne nous avance guère.

 

- C’est rare aujourd’hui de recevoir une lettre manuscrite.

- On n’a que l’enveloppe…

- Oui, mais manuscrite.

- Tu peux enlever Martine et Marie-Laure de ta liste. Je connais leur écriture, c’est pas elles.

- A moins que ce soit leurs Jules du moment qui aient fait l’enveloppe.

- Peu probable !

- OK, je barre Martine et Marie-Laure .

 

- Danielle, Laetitia, Jean-Pierre, Odile, Colette, Marthe, Yvette, Jean-Jacques, Christine, Marie-Ange, Najib, Martine, Geneviève, Babeth, Dee, Alain…

- Maria, Lise, Jeannine, Caroline, Louise, Brigitte, Joëlle, Carole, Roland, Annie, Patrick, Anne-Marie, Cécile, Sylvie, Didier… On n’en viendra jamais à bout de cette liste. On ferait mieux de réfléchir ! Par exemple, tu crois que c’est une écriture de femme ou d’homme ?

- C’est une écriture arrondie (les a, les o…) mais avec des éléments anguleux (le v, le s, et surtout le t)…, une écriture très régulière, bien horizontale… Je dirai plutôt une écriture féminine. Enfin, c’est pas sûr !

- Tu as remarqué la dimension des lettres ? Il me semble que les hampes et les jambages des lettres sont très grands…

- Oui, peut-être. Tu en conclus quoi ?

- C’est quelqu’un d’idéaliste ou d’ambitieux…

- L’écriture penche légèrement vers la droite…

- C’est un signe d’ouverture vers les autres.

- Tu y crois à la graphologie toi ?

- Non, pas tellement.

- Moi non plus. Vaudrait mieux chercher ailleurs.

 

 

- T’as vu, c’est du papier recyclé.

- Faut limiter la liste aux copains écolos...

- …écolos militants.

- Tu crois que le carton à l’intérieur est aussi en papier recyclé ?

- Non.

- Donc, fausse piste.

- Probablement.

 

- Qui téléphone à cette heure ?

- Je vais répondre !

 

Quelques minutes plus tard…

 

- C’était Rachel. Elle fait son enquête auprès de ses amis pour savoir qui a reçu  - comme elle - une carte blanche.

- Et alors ?

- Jusqu’à présent, elle a 5 noms : Brigitte, Josiane,  Claudine, Jean-Pierre et Geneviève.

- Si tu ajoutes elle et nous, on voit bien où il faut chercher !

- C’est clair. C’est quelqu’un de Terre de lecteurs.

- Patricia, Françoise, Christiane, Monika, Julie, André, Elisabeth, Bernard, Annette, Rebeka, Agnès, Babeth, Charles, Christine, Nadine, Liliane, Maryvonne, Aline…

- On recherche qui ?  la plus étourdie ? Celle qui a le plus de travail ? Celle qui veut faire une surprise ?

- Moi je parierais sur Annette !

- Moi sur Babeth !

- On parie quoi ?

- L’apéro !

- Ça marche !

 

 

Aline

 

 

 

Par terre-de-lecteurs
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